Algérie: Un nouveau modèle économique à définir pour éviter de boire le bouillon.

29/03/2019| par Florence BLANCHIER| Commerce International , Exportation , France Algérie
Photo Algérie: Un nouveau modèle économique à définir pour éviter de boire le bouillon.

Depuis le message à la nation du 10 février dernier dans lequel M.Bouteflika annonçait son intention de briguer un nouveau mandat pour la cinquième fois consécutive, de nombreuses protestations ont eu lieu et une vague de changements, impulsée par la jeunesse universitaire algérienne et relayée par l’ensemble du peuple, va probablement déferler sur la société algérienne.

Tout d’abord politique, avec le retrait de la candidature du Président sortant, le changement devra aussi concerner l’économie du pays. En berne depuis 2014 avec la très forte chute des cours mondiaux du pétrole et l’apparition du déficit de la balance commerciale l’année suivante, et ce malgré d’importantes ressources naturelles, le pays commence à couler sur le plan économique et est atteint du fameux «syndrome hollandais».
Véritable fléau économique, ce phénomène s’explique par une spécialisation trop importante du pays dans une activité économique, dans ce cas là l’exploitation des réserves gazières et pétrolières, sans redistribution économique dans d’autres branches d’activités, ni de retombées économiques dans le développement effectif du pays, toutes captées par le clan Bouteflika depuis près de 20 ans.
Un quart du PIB algérien, 95 % des exportations ainsi que 2/3 des recettes fiscales sont liées à cette activité. Or, l’absence de diversité dans les activités économiques du pays présage une transition économique longue et douloureuse.

Ainsi pour permettre au navire Bouteflika de continuer de voguer paisiblement, plutôt que d’instaurer un changement politique durable ou une refonte structurelle de l’économie algérienne en profondeur, la Banque d’Algérie a décidé d’injecter plus de 4 005 milliards de dinars pour soutenir son économie afin de favoriser l’investissement des ménages et des entreprises depuis fin 2017.

Dès lors, un risque dantesque peut cependant submerger l’Algérie et doucher tout espoir: celui de l’hyperinflation, qui viendrait réduire à néant la vie économique quotidienne des citoyens algériens.

Enfin, alors que les exportations françaises vers l’Algérie étaient satisfaisantes au cours de l’année 2018 par rapport à 2017 (+6%), il faudra être particulièrement attentif à l’évolution de la situation en Algérie, et observer à terme si les exportateurs français pourront continuer à surfer sur cette bonne dynamique en cas de changement de gouvernance, que ce soit un membre de l’opposition, un ex-fidèle du régime comme le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, ou tout outsider qui jaillirait sur l’occasion, ou bien seront-ils forcer d’attendre la prochaine vague. A suivre...

Source image : https://journals.openedition.org/anneemaghreb/2827?lang=en

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Auteur : Matthieu Bady pour Blanchier Consulting

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